Verneuil-en-Bourbonnais

Cité médiévale de Montluçon
Flânerie vagabonde au cœur du XVè siècle

Imaginons-nous emprunter les ruelles pavées de Montluçon, en commençant par lever les yeux vers la silhouette du château des ducs de Bourbon. Devant nous, la tour carrée se dresse, imposante, avec ses créneaux austères et son allure de forteresse. Sur la gauche, une tourelle élégante attire l’œil, mais c’est la galerie boisée qui retient l’attention : fine, ouverte, presque italienne dans son inspiration. On croirait y voir passer Louis II de Bourbon, qui restaura le château et fit de Montluçon une place forte, tant l’atmosphère semble restée fidèle au XVè siècle. Même l’horloge, plus récente, installée dans la tourelle, n’altère pas ce tableau médiéval.

En redescendant de l’esplanade, jadis occupée par un oppidum puis une première forteresse, on entre véritablement dans la vieille ville. Le tracé des anciens remparts, dont les boulevards Carnot et de Courtais suivent encore les lignes, délimite un monde clos, comme coupé du temps. En franchissant cette limite invisible, on s’attendrait presque à croiser un marchand de draps ou un artisan en tablier, sortant d’une maison à pans de bois sculptés.

Le pas nous conduit rue Notre-Dame. Là, l’église du même nom dévoile son étrange mariage entre sobriété romane et élans gothiques. Juste à côté, la Maison Ostel Millet déploie sa façade. Au XVè siècle, elle abritait un officier de finance des ducs de Bourbon, garantissant, depuis ces murs, la richesse du duché. Plus loin, rue des Serruriers, la Maison Bridier évoque une famille de bouchers, tandis que dans la rue des Cinq Piliers, la Maison Fallut rappelle l’activité d’un maître tailleur. Chaque bâtisse, derrière ses colombages ou ses pierres sculptées, conserve la mémoire d’un métier, d’une voix disparue.

En contournant la place Saint-Pierre, nos pas résonnent près de la Maison Guy et Sablier, autrefois le domaine d’un médecin et d’un apothicaire. Quelques mètres plus loin, la Maison Leboix témoigne d’un humble cordonnier, tandis que rue Porte Bretonnie, la Maison Alexandre honore un maître ès arts. 

En poursuivant vers la rue Porte-des-Forges, c’est la Maison Perrot de Saint-Angel qui se révèle, érigée sur l’ancienne porte de la ville, jadis habitée par une lignée de juristes. Plus vieille encore, la Maison du Doyenné, solide témoin du XIIIè siècle, rappelle le prestige du Chapitre Saint-Nicolas.

La promenade s’ouvre ensuite sur des respirations plus douces. Au jardin Wilson, la pierre laisse place aux arbres, invitant à la pause. Non loin, la place de la Fontaine anime le quartier d’un filet d’eau et de conversations. Voisins, l’Hôtel Alexandre de Beausson et, plus contemporain, le MuPop, prolongent le récit. 

À chaque détour, la ville dévoile ses visages successifs, ses ornements sculptés, ses détails surprenants. Et nous, flâneur d’un jour, ressentons le passé comme une présence encore vibrante dans chaque pierre.

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